Montpellier : envahie par les mouches, la brasserie La mère Michel ferme

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Source : Midi-Libre le 08/11/2015

MICHAËL MEILLER
Christophe Michel, le propriétaire, préfère jeter l’éponge.

Ouverte en 2013 près d’Amétyst, la brasserie n’a pas résisté à l’invasion depuis avril. Elle a fermé ce vendredi.

À la brasserie La mère Michel, ce lundi midi, les couverts chassent le nuisible ailé à chaque bouchée. Dans le parc d’activités Garosud, la dizaine de clients, pour la plupart des habitués, est résignée. “C’est insupportable ! Je suis là parce que je connais bien Michel. Sinon, il y a bien longtemps que je ne viendrais plus”, maugrée Pascal Levesque, architecte et client de la première heure.

La raison ? Une recrudescence de mouches depuis avril. Les commerces alentour ont du plomb dans l’aile. Désabusé, au bout du rouleau, avec les factures qui s’amoncellent sur le comptoir, Christophe Michel, propriétaire de la brasserie qui porte son nom, jette l’éponge. Depuis vendredi, les portes de l’établissement sont définitivement closes. « Je suis assigné au tribunal, interdit bancaire. J’ai trois mois d’arriérés de loyers et environ 50 000 € de dettes personnelles. Je prends un traitement pour dépression depuis six mois ». L’usine de méthanisation dans la ligne de mire…

Le nombre de couverts servis en chute libre

Pourtant, à l’ouverture en 2013, le moral était au beau fixe. “On faisait régulièrement 100 couverts le midi. Mais depuis avril, le chiffre d’affaires n’a cessé de chuter, avec une perte de 60 % !”, déclare l’ancien barman parisien.

Pointées du doigt, l’usine de méthanisation Amétyst et sa direction. “Pour moi, ce sont eux les responsables. Depuis mars, le budget alloué au traitement a diminué. Et c’est pas efficace. Avant, les dirigeants de l’usine venaient manger chez moi trois à quatre fois par semaine, toujours accompagnés d’une délégation. Mais depuis avril, ils ne viennent plus, ils ont honte ! Et quand je les appelle pour trouver une solution, ils ne répondent pas”, constate, impuissant, Christophe.

Pour lutter contre cette invasion “diptérienne”, l’homme de 53 ans a mis les petits plats dans les grands. Lampes à UV avec film de gélatine, traitement de la façade et palmiers, ventilateur à l’entrée du restaurant, climatisation en cuisine et diffuseur de parfum au pyrèthre fonctionnant uniquement la nuit. En vain. La mouche s’entête… Et met à terre la pugnacité de Christophe. «Je vais d’abord me reposer l’esprit et, pourquoi pas, partir à l’étranger me reconstruire».

Réaction du directeur d’Amétyst

Guillaume Ribour, directeur d’Amétyst, s’exprime :

“Il faut savoir tirer aussi sur une autre ambulance. Je n’ai pas constaté de recrudescence de nuisibles depuis mars 2015. La source du problème n’est pas forcément Amétyst. Nous n’avons rien changé à la qualité du traitement et le budget alloué est toujours conséquent, aux alentours de 300 000 € par an. La fermeture de la brasserie Michel est surtout due à une mauvaise gestion commerciale, plutôt qu’aux mouches.”

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